Reconversion professionnelle en CDI : se former en gardant son contrat (2026)
En bref
En CDI, le projet de transition professionnelle et la période de reconversion financent une formation sans rompre votre contrat, avec une rémunération. Le CPF complète ces solutions.
En vigueurPTP et période de reconversion : Code du travail, articles L. 6323-17-1 et L. 6324-1
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Les solutions qui gardent votre contrat
En CDI, deux dispositifs financent une reconversion sans rompre votre contrat : le projet de transition professionnelle (PTP), que vous demandez vous-même, et la période de reconversion, que vous construisez avec votre employeur. Votre compte personnel de formation (CPF) peut aussi payer une formation, sur votre temps de travail avec l’accord de l’employeur, ou en dehors sans son accord.
| Solution | Accord nécessaire | Rémunération pendant la formation | Statut |
|---|---|---|---|
| Projet de transition professionnelle | Autorisation d’absence de l’employeur, financement accordé par Transitions Pro | 100 % du salaire de référence jusqu’à deux Smic (3 734,04 €) ; au-delà, 90 %, puis 60 % après un an, jamais moins de 3 734,04 € | En vigueur |
| Période de reconversion dans votre entreprise | Accord écrit du salarié et de l’employeur | Inchangée | En vigueur |
| Période de reconversion dans une autre entreprise | Accord écrit, puis contrat avec l’entreprise d’accueil | Fixée par le nouveau contrat | En vigueur |
| CPF sur le temps de travail | Accord préalable de l’employeur | Maintenue | En vigueur |
| Plan de développement des compétences | Décision de l’employeur | Maintenue | En vigueur |
| CPF hors temps de travail | Aucun | Aucune : c’est votre temps personnel | En vigueur |
Source : service-public.fr, fiches F14018, F13516, F10705 et F11267 · vérifié le
Le projet de transition professionnelle : changer de métier en restant payé
Le PTP finance une formation certifiante pour changer de métier. Vous restez salarié et vous êtes rémunéré pendant la formation, à 100 % de votre salaire de référence s’il ne dépasse pas 3 734,04 €, soit deux fois le Smic mensuel brut au 19 octobre 2026. Au-delà, vous touchez 90 %, puis 60 % après un an, jamais moins de 3 734,04 € (article D. 6323-18-4 du Code du travail).
En CDI, il faut en général 24 mois d’activité salariée, dont 12 mois dans l’entreprise. Vous demandez l’autorisation d’absence à votre employeur 120 jours avant le début pour une formation continue d’au moins 6 mois à temps plein, 60 jours dans les autres cas. Votre dossier est ensuite examiné par l’association Transitions Pro de votre région, qui décide du financement.
Conditions, rémunération détaillée et étapes : voir notre fiche sur le projet de transition professionnelle. Faites le test pour savoir si vous pouvez le demander.
La période de reconversion : un projet construit avec votre employeur
Depuis le 1er janvier 2026, la période de reconversion remplace la promotion par alternance (Pro-A) et les Transitions collectives (loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025). Le dispositif fonctionne depuis le 1er février 2026. Elle est ouverte à tout salarié du privé qui veut changer de poste, dans son entreprise ou dans une autre.
Elle vise un diplôme ou un titre inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un certificat de qualification professionnelle (CQP), des blocs de compétences, ou la certification CléA. Il faut votre accord et celui de votre employeur, formalisés par écrit.
- Dans votre entreprise : votre contrat est maintenu et votre rémunération reste inchangée.
- Dans une autre entreprise : votre contrat est suspendu. Vous signez avec l’entreprise d’accueil un CDI ou un CDD d’au moins 6 mois, qui fixe votre rémunération et prévoit une période d’essai. Si l’essai ne se poursuit pas, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente. Si vous restez dans l’entreprise d’accueil, votre contrat d’origine prend fin par une rupture conventionnelle.
La période dure 12 mois au plus. Les formations durent de 150 à 450 heures ; un accord d’entreprise ou de branche peut aller jusqu’à 2 100 heures sur 36 mois. Votre opérateur de compétences (OPCO) paie la formation, à la demande de l’employeur. Pour le trouver : quel est mon OPCO ?. L’organisme de formation ne peut vous demander aucune participation financière, hors mobilisation de votre CPF (article L. 6324-6). Vos droits peuvent être mobilisés avec votre accord : au plus la moitié pour une reconversion dans votre entreprise, sans limite pour un poste dans une autre (article L. 6324-10). Renseignez-vous avant d’accepter : Atlas, par exemple, précise que « la mobilisation du CPF ne vient pas en complément du financement d’Atlas ».
Ce que devient une Pro-A signée avant 2026, et les délais de l’OPCO : voir Pro-A et période de reconversion.
Votre CPF, sur le temps de travail ou en dehors
En dehors de votre temps de travail, vous utilisez votre CPF sans demander l’accord de votre employeur. Sur votre temps de travail, il vous faut son accord préalable : demandez-le au moins 60 jours avant le début d’une formation de moins de 6 mois, 120 jours avant pour une formation plus longue. Votre employeur a 30 jours pour répondre ; sans réponse, la demande est acceptée. Votre rémunération est alors maintenue. Délais, refus et solutions : formation CPF sur le temps de travail.
Pour les demandes faites depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € s’applique, sauf exonération. Elle n’est pas due si votre employeur finance une partie de la formation, quel qu’en soit le montant.
Exemple
Vous visez une formation de 3 000 € inscrite au RNCP et votre compte affiche 2 400 €. Vos droits paient 2 400 €, et vous réglez la différence. Comme vous payez déjà plus de 150 €, la participation forfaitaire est comprise dans ces 600 €.
3 000 € − 2 400 € = 600 €
Pour estimer votre cas, utilisez le simulateur de reste à charge. Les règles de la participation sont détaillées dans notre page sur le reste à charge du CPF.
Le plan de développement des compétences
Votre employeur peut aussi financer une formation dans le cadre de son plan de développement des compétences. C’est lui qui décide : vous pouvez lui demander une formation, mais il doit donner son accord. Les frais sont à sa charge, et votre rémunération est maintenue quand la formation a lieu sur votre temps de travail. Voir le plan de développement des compétences.
Cette voie convient surtout à une reconversion interne, vers un poste dont l’entreprise a besoin.
Si vous envisagez de quitter votre poste
La démission-reconversion ouvre droit à l’allocation chômage si vous remplissez ses conditions : 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, un conseil en évolution professionnelle demandé avant la démission, et un projet validé par Transitions Pro avant de démissionner. Voir notre fiche sur la démission pour reconversion.
La rupture conventionnelle suppose l’accord de votre employeur. Elle peut ouvrir droit à l’allocation chômage, sous conditions. Ses règles sont détaillées sur service-public.gouv.fr. Pour votre situation, interrogez France Travail ou un conseiller juridique.
Par où commencer
Prenez rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Le service ne vous coûte rien, il est confidentiel, et vous pouvez le solliciter sans l’accord de votre employeur, en dehors de votre temps de travail. Le site mon-cep.org vous oriente vers le bon conseiller. Voir notre page sur le conseil en évolution professionnelle.
L’entretien de parcours professionnel, au moins tous les 4 ans, est aussi le moment d’en parler : il aborde la reconversion, le projet de transition professionnelle, le bilan de compétences et la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Qui peut financer votre formation ?
Votre situation et votre projet suffisent : aucune donnée personnelle demandée.
Trouver un financementQuestions fréquentes
Mon employeur peut-il refuser un projet de transition professionnelle ?
Seulement si vous ne respectez pas les délais, le contenu de la demande ou la condition d’ancienneté : son refus est alors motivé (article R. 6323-10 du Code du travail). Sinon, il peut seulement reporter votre départ, de 9 mois au plus si votre absence nuit à la production et à la marche de l’entreprise, ou si trop de salariés sont déjà absents pour un PTP. S’il ne répond pas dans les 30 jours, l’autorisation est considérée comme accordée.
Puis-je utiliser mon CPF sans en parler à mon employeur ?
Oui, si la formation a lieu en dehors de votre temps de travail : vous n’avez pas à demander son accord. Sur le temps de travail, son accord préalable est nécessaire.
La période de reconversion est-elle un droit ?
Non. Elle suppose votre accord et celui de votre employeur, formalisés par écrit. C’est votre employeur qui demande le financement à son opérateur de compétences (OPCO).
Faut-il démissionner pour toucher le chômage pendant une formation ?
Non, ce n’est pas la seule voie. Le PTP vous garde salarié et rémunéré. La démission-reconversion ouvre droit au chômage seulement si votre projet est validé avant la démission.
Sources
- service-public.fr · Projet de transition professionnelle (PTP), fiche F14018consulté le
- service-public.fr · Reconversion : promotion par alternance (Pro-A) ou période de reconversion, fiche F13516consulté le
- service-public.fr · Compte personnel de formation (CPF), fiche F10705consulté le
- service-public.fr · Plan de développement des compétences, fiche F11267consulté le
- service-public.fr · Conseil en évolution professionnelle (CEP), fiche F32457consulté le
- Code du travail numérique · Article D. 6323-18-4 (rémunération pendant un PTP)consulté le
- Code du travail numérique · Article R. 6323-10 (demande d’absence et refus de l’employeur)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6324-1 (période de reconversion)consulté le
- Atlas · Période de reconversionconsulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6324-6 (aucune participation financière demandée au salarié, hors CPF)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6324-10 (mobilisation du CPF pendant la période de reconversion)consulté le
Journal des modifications
- Publication de la page.
Esteban Canoa
Rédaction · relu par Emile Elie, directeur de la publication
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