Plan de développement des compétences 2026 : se former avec votre employeur
En bref
Le plan de développement des compétences regroupe les formations que votre employeur décide et paie. Sur votre temps de travail, votre salaire est maintenu ; en dehors, il faut votre accord.
En vigueurCode du travail, articles L. 6321-1, L. 6321-2 et L. 6321-6 ; service-public.fr, fiche F11267
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Le plan de développement des compétences, c’est quoi ?
Le plan de développement des compétences (PDC) est « le cadre qui permet à un employeur de définir sa politique de formation » (service-public.fr, fiche F11267, vérifiée le 13 mars 2026). Il regroupe les formations que votre employeur décide de faire suivre à ses salariés.
Le Code du travail lui fixe deux obligations : il « assure l’adaptation des salariés à leur poste de travail » et veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations (article L. 6321-1). Il peut aussi proposer des formations qui développent les compétences, y compris numériques, ou qui luttent contre l’illettrisme.
Ces formations sont à son initiative, et il choisit les salariés qui les suivent, sans critère discriminatoire. Les frais sont à sa charge (fiche F11267).
Formation obligatoire ou non : ce qui change pour vous
Le plan distingue deux types de formations, avec des règles différentes pour votre salaire et votre droit de refuser.
La formation obligatoire conditionne l’exercice d’une activité ou d’une fonction, en application d’une convention internationale ou d’un texte légal ou réglementaire. Elle constitue du temps de travail effectif, et votre employeur maintient votre rémunération pendant la formation (article L. 6321-2). Elle ne peut pas avoir lieu en dehors de votre temps de travail. La refuser est une faute pouvant justifier un licenciement (fiche F11267).
La formation non obligatoire regroupe toutes les autres formations à l’initiative de votre employeur. Sur votre temps de travail, c’est aussi du temps de travail effectif, avec votre rémunération maintenue (article L. 6321-6). Elle peut se dérouler en dehors de votre temps de travail, sous conditions : voir ci-dessous. La refuser ne constitue « ni une faute, ni un motif de licenciement » (fiche F11267).
Se former en dehors de son temps de travail
Seule une formation non obligatoire peut se dérouler, en tout ou partie, en dehors de votre temps de travail (article L. 6321-6). Il faut votre accord, formalisé par écrit, et le nombre d’heures est limité.
| Votre situation | Limite d’heures | Votre accord | Statut |
|---|---|---|---|
| Un accord collectif d’entreprise, ou à défaut de branche, prévoit ces formations | Limite fixée par l’accord | Accord écrit | En vigueur |
| Pas d’accord collectif | 30 heures par an | Accord écrit, sur lequel vous pouvez revenir dans les 8 jours selon service-public.fr | En vigueur |
| Pas d’accord collectif, salarié en forfait en jours ou en heures sur l’année | 2 % du forfait | Accord écrit, sur lequel vous pouvez revenir dans les 8 jours selon service-public.fr | En vigueur |
Source : Code du travail, article L. 6321-6 ; service-public.fr, fiche F11267 (vérifiée le 13 mars 2026) · vérifié le
Pendant ces heures, votre salaire n’est pas maintenu, mais vous restez couvert par la sécurité sociale en cas d’accident du travail. Refuser une telle formation ne constitue pas une faute (fiche F11267).
Qui paie : l’employeur, et l’OPCO dans les petites entreprises
Les frais de formation du plan sont à la charge de votre employeur (fiche F11267). La formation ne consomme pas vos droits CPF, sauf si vous acceptez de les utiliser.
Dans une entreprise de moins de 50 salariés, l’opérateur de compétences (OPCO) dont elle relève peut prendre en charge (article L. 6332-17) :
- les coûts des formations du plan de développement des compétences ;
- votre rémunération pendant la formation, et les frais annexes ;
- un abondement de votre compte personnel de formation (CPF).
Son conseil d’administration fixe les modalités et les priorités de cette prise en charge : la demande passe par votre employeur. À partir de 50 salariés, ces financements légaux ne couvrent plus le plan ; un accord de branche peut toutefois prévoir une contribution conventionnelle, que l’OPCO peut gérer, et l’entreprise peut lui faire des versements volontaires (article L. 6332-1-2). Voir les opérateurs de compétences.
Demander une formation à votre employeur
Vous pouvez demander à suivre une formation du plan, mais votre employeur doit donner son accord (fiche F11267). Le bon moment pour en parler est l’entretien de parcours professionnel.
L’entretien de parcours professionnel. Il a lieu dans la première année qui suit votre embauche, puis tous les 4 ans chez le même employeur ; un accord collectif peut prévoir un rythme plus rapproché (article L. 6315-1, mis à jour le 31 décembre 2025). Il ne porte pas sur l’évaluation de votre travail. Il aborde vos compétences, vos perspectives, vos besoins de formation, vos souhaits d’évolution, ainsi que l’utilisation de votre CPF, les abondements que l’employeur peut y verser et le conseil en évolution professionnelle (CEP). Un document écrit vous est remis. Votre employeur peut tenir compte de ces entretiens pour bâtir son plan (fiche F11267).
L’état des lieux tous les 8 ans. Il vérifie que vous avez eu vos entretiens et si vous avez suivi au moins une formation, obtenu une certification ou une progression salariale ou professionnelle. Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, si vous n’avez eu en 8 ans ni ces entretiens ni formation autre qu’une formation obligatoire, votre employeur doit abonder votre CPF (article L. 6323-13 ; service-public.fr, fiche F32040, vérifiée le 1er octobre 2026) : voir l’abondement correctif. Le détail : l’entretien de parcours professionnel.
Faites votre demande par écrit, en précisant la formation, l’organisme, les dates et son intérêt pour votre poste.
Le plan et votre CPF
Votre employeur peut vous proposer d’utiliser votre CPF pour une formation, en plus ou à la place du plan. Il ne peut pas vous l’imposer : le compte ne se mobilise qu’avec votre accord exprès, et votre refus ne constitue pas une faute (article L. 6323-2).
Si vous utilisez votre CPF et que votre employeur finance une partie de la formation, quel que soit le montant, vous ne payez pas la participation forfaitaire de 150 € (article L. 6323-7). Mon Compte Formation étend cette exonération aux financements de l’OPCO et à ceux prévus par un accord de branche ou de groupe.
Exemple
Votre formation coûte 2 000 € et votre compte affiche 1 500 €. Votre employeur verse 500 € pour compléter vos droits. Vos droits et le versement de votre employeur couvrent le prix. Vous n’avez pas de participation à régler : le financement de votre employeur vous en exonère (article L. 6323-7).
1 500 € (vos droits) + 500 € (employeur) = 2 000 €
Si la formation a lieu sur votre temps de travail, demandez l’autorisation de votre employeur dans les délais : voir CPF et temps de travail. Nos modèles de lettres proposent une demande d’absence pour une formation CPF et une demande de participation de l’employeur à son financement.
Les autres formations proposées par l’employeur
La période de reconversion. Depuis le 1er janvier 2026, elle remplace Pro-A et les Transitions collectives ; le dispositif fonctionne depuis le 1er février 2026. Elle prépare un changement de poste, dans votre entreprise ou dans une autre, avec votre accord et celui de votre employeur, formalisés par écrit ; l’OPCO paie la formation, à la demande de l’employeur (service-public.fr, actualité A18798). Voir la période de reconversion et Pro-A et période de reconversion.
Le bilan de compétences. Votre employeur peut le financer dans son plan, mais il ne peut être réalisé qu’avec votre consentement (article L. 6313-4). Voir qui peut payer un bilan de compétences.
L’alternance. Avec un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, l’entreprise forme un salarié en alternance, et l’OPCO décide de la prise en charge de la formation (service-public.fr, fiches F2918 et F15478). Voir financer sa formation.
Contacts officiels
- Votre employeur : votre responsable ou le service des ressources humaines, pour les formations du plan et l’entretien de parcours professionnel.
- L’OPCO de votre entreprise, qui peut prendre en charge les formations du plan des entreprises de moins de 50 salariés, et celles d’entreprises plus grandes si un accord de branche le prévoit : la demande passe par votre employeur.
- La fiche officielle : service-public.gouv.fr, fiche F11267.
Qui peut financer votre formation ?
Votre situation et votre projet suffisent : aucune donnée personnelle demandée.
Trouver un financementQuestions fréquentes
Puis-je refuser une formation du plan ?
Cela dépend de la formation. Refuser une formation obligatoire, qui conditionne l’exercice de votre activité, est une faute pouvant justifier un licenciement. Refuser une formation non obligatoire ne constitue ni une faute, ni un motif de licenciement (service-public.fr, fiche F11267).
Suis-je payé si la formation a lieu en dehors de mes horaires ?
Non, votre salaire n’est pas maintenu pour ces heures, mais vous restez couvert en cas d’accident du travail. Sans accord collectif, ces heures sont limitées à 30 par an, ou à 2 % du forfait si vous êtes au forfait, et demandent votre accord écrit. Selon service-public.fr, vous pouvez revenir dessus dans les 8 jours qui suivent sa conclusion.
Mon employeur peut-il m’obliger à utiliser mon CPF ?
Non. Votre CPF ne s’utilise qu’avec votre accord exprès, et refuser de l’utiliser ne constitue pas une faute (article L. 6323-2 du Code du travail).
Mon employeur est-il obligé de me former ?
Il doit assurer votre adaptation à votre poste et veiller au maintien de votre capacité à occuper un emploi (article L. 6321-1). Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, si vous n’avez eu en 8 ans ni vos entretiens de parcours professionnel ni formation non obligatoire, il doit abonder votre CPF (article L. 6323-13).
Qui paie la formation dans une petite entreprise ?
Votre employeur. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, son opérateur de compétences (OPCO) peut prendre en charge les frais de la formation, votre rémunération pendant celle-ci et un abondement de votre CPF, selon les priorités fixées par son conseil d’administration (article L. 6332-17).
Sources
- service-public.fr · Plan de développement des compétences (PDC) pour un salarié du secteur privé, fiche F11267 (vérifiée le 13 mars 2026)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6321-1 (adaptation au poste et maintien de la capacité à occuper un emploi)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6321-2 (formation obligatoire : temps de travail effectif)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6321-6 (formation hors du temps de travail)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6332-17 (financement par l’OPCO dans les entreprises de moins de 50 salariés)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6315-1 (entretien de parcours professionnel)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6323-13 (abondement correctif)consulté le
- service-public.fr · Qu’est-ce qu’un entretien de parcours professionnel (EPP) ?, fiche F32040 (vérifiée le 1er octobre 2026)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6323-2 (accord exprès du titulaire du CPF)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6323-7 (exonérations de la participation)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6313-4 (bilan de compétences)consulté le
- Mon Compte Formation · Une participation financière obligatoire pour mobiliser vos droits CPFconsulté le
- service-public.fr · La période de reconversion remplace Pro-A et Transitions collectives (actualité A18798)consulté le
- service-public.fr · Contrat d’apprentissage, fiche F2918 (vérifiée le 8 septembre 2026)consulté le
- service-public.fr · Contrat de professionnalisation, fiche F15478 (vérifiée le 22 juillet 2026)consulté le
- Mon Compte Formation · Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6332-1-2 (contributions supplémentaires gérées par l’OPCO : accord de branche, versements volontaires)consulté le
Journal des modifications
- Publication de la page.
Esteban Canoa
Rédaction · relu par Emile Elie, directeur de la publication
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