Licenciement en 2026 : votre CPF et la formation en CSP
En bref
Licencié, vous gardez vos droits CPF. En cas de licenciement économique, le contrat de sécurisation professionnelle, s’il est proposé et accepté, vous accompagne 12 mois, formation comprise.
En vigueurCSP : articles L. 1233-65 à L. 1233-67 du Code du travail ; convention prolongée jusqu’au 31 décembre 2026
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Vos droits CPF après un licenciement
Un licenciement ne vous fait perdre aucun droit sur votre compte personnel de formation (CPF). Les droits « demeurent acquis en cas de changement de situation professionnelle ou de perte d’emploi » (article L. 6323-3 du Code du travail), « quel que soit le motif de la rupture du contrat de travail » (service-public.fr, fiche F10705).
Votre compte n’est plus crédité tant que vous êtes sans emploi, mais votre solde reste disponible pour une formation. Les droits de l’année de votre licenciement sont crédités l’année suivante, entre le 30 janvier et le 15 juin.
Inscrit à France Travail comme demandeur d’emploi, vous ne payez pas la participation forfaitaire de 150 € : les demandeurs d’emploi en sont exonérés (article L. 6323-7), et l’article ne distingue pas selon que vous percevez ou non une allocation chômage. Les conditions d’utilisation de Mon Compte Formation (conditions particulières « titulaires », version 15 de mai 2026) reprennent cette exonération (article 10.4) et visent le titulaire « ayant le statut de demandeur d’emploi inscrit à France Travail » (article 4.2). Pendant un contrat de sécurisation professionnelle, la situation est différente : voir se former pendant le CSP. Voir aussi le CPF des demandeurs d’emploi.
Si vous effectuez un préavis, vous restez salarié jusqu’à la fin du contrat, avec les règles habituelles : pas d’accord de l’employeur pour une formation en dehors du temps de travail, une autorisation pour une formation sur le temps de travail. Voir CPF et démission, où ces règles sont détaillées.
Licenciement économique : le contrat de sécurisation professionnelle
Si votre employeur envisage de vous licencier pour motif économique, il doit vous proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), sauf si votre entreprise, ou le groupe auquel elle appartient, compte au moins 1 000 salariés (article L. 1233-71). En redressement ou en liquidation judiciaire, le CSP est proposé quelle que soit la taille de l’entreprise (service-public.fr, fiche F13819). Ce contrat a pour objet « l’organisation et le déroulement d’un parcours de retour à l’emploi », avec, le cas échéant, une reconversion ou une création ou reprise d’entreprise (article L. 1233-65). Pour un projet de création, voir création d’entreprise et CPF. Vous êtes accompagné par France Travail ou par un organisme qu’il a choisi, et France Travail vous verse une allocation pendant le CSP.
| Point | Règle | Statut |
|---|---|---|
| Entreprises concernées | Moins de 1 000 salariés, groupe compris, ou en redressement ou liquidation judiciaire, quelle que soit leur taille | En vigueur |
| Salariés concernés | En CDI, sous des conditions vérifiées par France Travail | En vigueur |
| Délai de réflexion | 21 jours calendaires | En vigueur |
| Durée | 12 mois à partir du lendemain de la fin du contrat ; allongée notamment en cas de travail après le 6e mois (3 mois au plus), d’arrêt maladie (4 mois au plus) ou de congé de maternité, de paternité, d’adoption ou de proche aidant | En vigueur |
| Allocation | 75 % du salaire journalier de référence avec au moins 1 an d’ancienneté, jamais moins que l’allocation chômage ; sinon, le montant de l’allocation chômage | En vigueur |
| Votre statut | Stagiaire de la formation professionnelle | En vigueur |
Source : Code du travail, articles L. 1233-65 à L. 1233-67 et L. 1233-71 ; service-public.fr, fiche F13819 (vérifiée le 6 août 2026) ; convention du 26 janvier 2015 relative au CSP (Unédic), articles 6 et 15 · vérifié le
À partir de 1 000 salariés, groupe compris, et hors redressement ou liquidation judiciaire, l’employeur vous propose un congé de reclassement à la place du CSP (article L. 1233-71 ; service-public.fr, fiche F13819).
La proposition et le délai de réflexion. Le CSP vous est proposé, en général, lors de l’entretien préalable au licenciement (article L. 1233-66). Vous avez 21 jours calendaires pour répondre, et ce délai ne peut pas être raccourci. Pendant ce délai, vous pouvez avoir un entretien d’information avec France Travail, qui vérifie que vous pouvez en bénéficier et vous indique le montant de votre allocation. Si votre employeur ne vous a pas proposé le CSP, France Travail vous le propose quand vous vous inscrivez.
Si vous acceptez. Votre contrat de travail est rompu d’un commun accord à la fin du délai de réflexion, sans préavis (article L. 1233-67). Avec au moins un an d’ancienneté, votre employeur verse à France Travail l’équivalent de l’indemnité de préavis, et vous verse la part qui dépasse 3 mois de salaire. Avec moins d’un an, vous percevez une indemnité compensatrice de préavis. Dans les deux cas, vous gardez l’indemnité de licenciement si vous y avez droit (service-public.fr, fiche F13819).
La convention qui l’organise. Les règles du CSP figurent dans la convention du 26 janvier 2015. L’avenant n° 11 du 25 novembre 2025 la prolonge jusqu’au 31 décembre 2026, pour les licenciements économiques engagés depuis le 1er janvier 2026 ; il a été agréé par arrêté le 24 décembre 2025, selon l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance chômage. Sa prolongation au-delà n’est pas publiée au 20 octobre 2026. Les personnes encore en CSP à son échéance restent régies par la convention (article 31). Conditions, allocation, aides au reclassement et fin du contrat : voir le contrat de sécurisation professionnelle.
Se former pendant le CSP
Dès le lendemain de la fin de votre contrat, vous avez le statut de stagiaire de la formation professionnelle (article L. 1233-67 ; convention, article 5). Selon France Travail, vous n’êtes pas inscrit comme demandeur d’emploi pendant le CSP. France Travail assure votre accompagnement ou le confie à un organisme prestataire qu’il a choisi (convention, article 8) ; selon France Travail, le même conseiller vous suit pendant 12 mois.
- Le pré-bilan. Un entretien individuel a lieu dans les 8 jours qui suivent votre adhésion.
- Le plan de sécurisation professionnelle. Ce document écrit fixe vos actions : accompagnement, formation, validation des acquis de l’expérience (VAE), périodes de travail. Il est validé au plus tard un mois après le pré-bilan. La page de France Travail sur l’accompagnement parle d’un délai de 4 à 8 semaines. Les actions sont choisies d’un commun accord avec votre conseiller.
- La formation. Les formations inscrites dans votre plan sont mises en place le plus rapidement possible et correspondent aux besoins de l’économie prévisibles à court ou moyen terme. En conséquence, vous accédez à toutes les formations éligibles au CPF, « sous réserve que la formation retenue corresponde au projet de reclassement » (convention, article 11).
Qui paie la formation. Vous pouvez mobiliser votre CPF pendant le CSP (article L. 1233-67). France Travail peut aussi financer tout ou partie d’une formation avec l’aide individuelle à la formation (AIF), ouverte aux bénéficiaires du CSP : votre conseiller valide d’abord votre projet, puis l’organisme de formation vous envoie un devis, que vous validez dans votre espace personnel francetravail.fr. Voir l’aide individuelle à la formation.
La participation de 150 €. Son exonération n’est pas établie pendant le CSP. Les demandeurs d’emploi en sont exonérés (article L. 6323-7), et Mon Compte Formation vise le titulaire « ayant le statut de demandeur d’emploi inscrit à France Travail » (conditions particulières « titulaires », version 15, article 4.2). Or, pendant le CSP, « vous n’êtes pas inscrit comme demandeur d’emploi », vous êtes stagiaire de la formation professionnelle (dépliant de France Travail). Par déduction, la participation peut vous être demandée. Le montant à payer s’affiche sur Mon Compte Formation avant que vous confirmiez votre inscription : en cas de doute, interrogez votre conseiller.
Exemple
Votre plan prévoit une formation à 4 000 €, éligible au CPF, et votre compte affiche 2 500 €. Vos droits paient 2 500 € : il reste 1 500 € à financer. Si la participation vous est demandée, elle est comprise dans ces 1 500 € et ne s’y ajoute pas : quand ce qui reste à payer dépasse 150 €, Mon Compte Formation indique qu’elle est « automatiquement intégrée à votre reste à payer initial ». Pour ces 1 500 €, vous pouvez demander une aide individuelle à la formation : France Travail l’accorde après examen de votre projet.
4 000 € − 2 500 € de droits = 1 500 €
Travailler pendant le CSP. Votre plan peut prévoir des périodes de travail en CDD ou en intérim, d’au moins 3 jours chacune et de 6 mois au plus au total (convention, article 12). Celles qui ont lieu après le 6e mois allongent le CSP, de 3 mois au plus (convention, article 6). Une reprise d’emploi en CDI, ou en CDD ou intérim d’au moins 6 mois, met fin au CSP.
Refuser une action. Un refus sans motif légitime d’une action de reclassement et de formation met fin au CSP (service-public.fr, fiche F13819).
À la fin du CSP
Si votre formation n’est pas terminée au bout des 12 mois, elle peut se poursuivre dans le cadre du contrat d’engagement, à condition que vous vous inscriviez comme demandeur d’emploi à la fin du CSP (convention, article 11). Pendant le CSP, vous n’êtes pas inscrit : cette inscription est une démarche à faire.
Si vous cherchez encore un emploi, inscrivez-vous comme demandeur d’emploi : si vous remplissez les conditions, vous percevez l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), « sans différé d’indemnisation » ni délai d’attente. Sa durée est réduite du nombre de jours d’allocation de sécurisation professionnelle déjà perçus (convention, article 27 ; service-public.fr, fiche F13819). Une fois inscrit, les règles du demandeur d’emploi s’appliquent à votre CPF : voir CPF et chômage.
Les autres licenciements
Licenciement pour motif personnel. Vos droits CPF restent acquis. Une fois inscrit à France Travail, vous utilisez votre CPF comme tout demandeur d’emploi, sans participation forfaitaire, et vous pouvez demander une aide individuelle à la formation si vos droits ne suffisent pas.
Refus d’un accord de performance collective. Si vous êtes licencié parce que vous avez refusé une modification de votre contrat de travail prévue par un accord de performance collective, votre employeur abonde votre CPF (article L. 2254-2) : au moins 3 000 €, selon service-public.fr (fiche F10705). Vous pouvez ensuite vous inscrire et être accompagné comme demandeur d’emploi. Voir l’abondement.
Vous préférez partir de vous-même. Une démission ne donne en principe pas droit au chômage, et la rupture conventionnelle obéit à d’autres règles : voir CPF et démission.
Qui peut financer votre formation ?
Votre situation et votre projet suffisent : aucune donnée personnelle demandée.
Trouver un financementQuestions fréquentes
Mon CPF est-il perdu si je suis licencié ?
Non. Vos droits restent acquis en cas de changement de situation ou de perte d’emploi (article L. 6323-3 du Code du travail), quel que soit le motif de la rupture de votre contrat (service-public.fr, fiche F10705). Votre compte n’est plus crédité tant que vous êtes sans emploi, mais votre solde reste utilisable.
Puis-je utiliser mon CPF pendant le CSP ?
Oui : le Code du travail le prévoit (article L. 1233-67). La formation doit correspondre à votre projet de reclassement, défini avec votre conseiller dans votre plan de sécurisation professionnelle.
Dois-je payer la participation de 150 € pendant le CSP ?
Elle peut vous être demandée : l’exonération n’est pas établie pendant le CSP. Les demandeurs d’emploi en sont exonérés (article L. 6323-7 du Code du travail), mais France Travail indique que, pendant le CSP, vous n’êtes pas inscrit comme demandeur d’emploi : vous êtes stagiaire de la formation professionnelle. Le montant à payer s’affiche sur Mon Compte Formation avant votre confirmation.
Ma formation dépasse la fin du CSP : que se passe-t-il ?
Elle peut se poursuivre dans le cadre du contrat d’engagement, à condition que vous vous inscriviez comme demandeur d’emploi à la fin du CSP (convention CSP, article 11). Si vous remplissez les conditions, l’allocation chômage prend alors le relais, sans délai d’attente, pour une durée réduite des jours d’allocation de sécurisation professionnelle déjà perçus (convention CSP, article 27).
Puis-je refuser une formation pendant le CSP ?
Un refus sans motif légitime d’une action de reclassement et de formation met fin au CSP (service-public.fr, fiche F13819). Les actions de votre plan sont choisies d’un commun accord avec votre conseiller : parlez-lui de votre projet dès le premier entretien.
Sources
- service-public.fr · Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé, fiche F10705consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6323-3 (droits acquis en cas de changement de situation ou de perte d’emploi)consulté le
- service-public.fr · Contrat de sécurisation professionnelle (CSP), fiche F13819consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 1233-65 (objet du contrat de sécurisation professionnelle)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 1233-66 (proposition du contrat de sécurisation professionnelle)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 1233-67 (rupture du contrat, statut de stagiaire, mobilisation du CPF)consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 1233-71 (congé de reclassement à partir de 1 000 salariés, groupe compris)consulté le
- Unédic · Convention du 26 janvier 2015 relative au contrat de sécurisation professionnelle, texte consolidé (avenants n° 1 à 10)consulté le
- Unédic · Avenant n° 11 du 25 novembre 2025 à la convention du 26 janvier 2015 relative au CSPconsulté le
- Unédic · Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) prolongé jusqu’à fin 2026 (29 décembre 2025)consulté le
- France Travail · Je suis licencié(e) économique : qu’est-ce que le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) ? (avril 2025)consulté le
- France Travail · Licencié économique, à quel accompagnement ai-je droit dans le cadre du CSP ? (page modifiée le 18 septembre 2025)consulté le
- France Travail · L’aide individuelle à la formation (AIF) pour financer votre formationconsulté le
- Code du travail numérique · Article L. 6323-7 (exonérations de la participation)consulté le
- Mon Compte Formation · Conditions particulières « titulaires », version 15 (mai 2026), articles 4.2 et 10.4consulté le
- Mon Compte Formation · Une participation financière obligatoire pour mobiliser vos droits CPFconsulté le
- Mon Compte Formation · Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026consulté le
- Code du travail numérique · Article L. 2254-2 (refus d’un accord de performance collective)consulté le
Journal des modifications
- Publication de la page.
Esteban Canoa
Rédaction · relu par Emile Elie, directeur de la publication
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